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P.M. Votre activité de concertiste ne vous a pas empêché d'être également directeur artistique d'un Festival de Musique, avez vous eu d'autres activités que vous continuez d'exercer ?
M.R. Oui, j'aime bien avoir d 'autres projets à côté de l'activité de concertiste. Il y a eu la pièce "Le Pianiste", c'était un projet qui m'avait beaucoup intéressé.
La pièce a été jouée pendant quatre mois à Paris et nous venons de terminer une tournée avec une cinquantaine de représentations, s'il y a une éventualité pour une reprise, j'en serai très content. J'ai un projet qui "tourne" comme on dit, : il s'agit d'un concert classique et jazz. On vient de faire un enregistrement de ce concert classique -jazz avec Alperin, que nous avons présenté dans divers Festivals. Je vais participer à divers festivals dont celui de la Vézère près de Saillant où il y a une chapelle avec de très beaux vitraux de Chagall. J'ai déjà souvent participé à ce festival mais cette fois ci, ce sera un programme avec M. Alperin, à deux pianos.
P.M. Dans ce concert, vous avez une très grande part d'improvisation ?
M.R. Bien sûr, chaque concert est différent. Je vais aussi de faire un spectacle théâtral avec Lambert Wilson dans une abbaye de Bourgogne le 9 Juillet. Ce spectacle est bâti sur les lettres manuscrites d'un officier français - Rolland de Bressac - à sa mère pendant la première guerre mondiale et le concerto pour la main gauche de Ravel. J'ai d'autres projets mais disons que ceux-ci sont déjà concrets.
P.M. Y a -t-il des projets immédiats à Paris ?
M.R. Oui, je participe à Paris - Quartiers d'été une série de concerts dans différents jardins (Luxembourg, Georges Brassens etc...). C'est la première fois que je participe a ce Festival qui aura lieu les 16, 17, 18, 19 Juillet
P.M. Ce seront des concerts à ciel ouvert ?
M.R. Oui, dans des kiosques ; c'est interessant d'utiliser des endroits un peu insolites pour une programmation de musique classique, toutefois le plus important reste quand même le grand répertoire - comme par exemple lors du Festial de Colmar auquel je participe avec beaucoup de plaisir.
P.M. Cette année c'est un hommage à Emile Guilels ?
M.R. Oui, je l'ai connu étant étudiant. Sa fille était élève du meme professeur que moi.
P.M. Vous avez pu l'approcher ?
M.R. Non, c'était un Monsieur très austère et on ne pouvait pas, étant étudiant, ( j'avais entre 16 et 18 ans) l'approcher facilement.
P.M. Avez-vous un projet de recital Paris ?
M.R. Je prépare un récital qui est un projet ambitieux, je présenterai l'intégrale de toutes les dernieres oeuvres de Brahms et la deuxieme partie sera consacrée à Chopin avec les Nocturnes et la deuxieme Sonate. Je viens d'ailleurs d'enregistrer mon premier disque de Chopin avec ce programme.
P.M. Vous avez aussi des tournées de recitals ?
M.R. Oui, beaucoup, j'ai eu une semaine de récitals avec Rostropovitch avec l'Orchestre de Santa Cecilia de Rome - un programme dédié à Chostakovitch, ce qui est fabuleux pusique Rostropovitch était un de ses grands amis et cette tournée a été un immense plaisir pour moi.
P.M. Il faut beaucoup de disponibilité pour mener de front tous ces projets et réaliser tous ces programmes !
M.R. Beaucoup, c'est pour cela que j'aime travailler la nuit ! La pièce où je travaille est très bien insonorisée. Mais cette activité multiple correspond bien à mon caractère avec différents types de projets.
P.M. Et vous allez toujours en Russie ?
M.R. Oui, bien sûr, en fait, je n'ai pas beaucoup joué dans d'autres villes que Moscou et Saint-Pétersbourg, je n'ai pas trouvé le temps d'aller dans d'autres endroits de Russie. Chaque année je joue avec le Philarmonique de Saint-Pétersbourg et j'ai enregistré l'intégrale des concerti de Rachmaninoff et Tchaïkovsky avec cet orchestre.
P.M. Vous êtes revenu en Russie en quelle année ?
M.R. Je suis revenu en Février 89 avec le Grand Echiquier et Jacques Chancel et c'est là qu'il y a eu la rencontre avec le Philarmonique de St-Pétersbourg et j'y suis retourné chaque année.
P.M. Vous avez commencé le piano à quel âge ?
M.R. A Donetsk à l'âge de 5 ans et à l'age de 16 ans je suis allé étudier à Moscou, j'avais deux ans d'avance parce qu'on y rentre généralement à 18 ans et les études sont plus longues qu'en France.
P.M. Aimez-vous enregistrer ?
M.R. L'enregistrement d'un concert en direct est une façon de se souvenir d'un instant du concert ; une autre façon. Un disque fait specialement c'est un peu comme un livre, par exemple le disque de Wagner que j'ai fait, est difficile d'imaginer en concert c'est une oeuvre d'art en soi. Quand je sens que l'interprétation d'une oeuvre a mûri j'ai envie que cela reste comme le résultat d'un travail qui est difficile à faire en concert à ce niveau là. Cela doit être un projet artistique préparé, je ne fais pas d'enregistrement de disque sur commande. Jusqu'à present j'ai eu cette chance de ne jamais enregistrer sur commande, je propose un projet qui est accepté ou pas mais c'est sur mon initiative. Cela prend des mois voire des années à préparer.
P.M. Quel programme préparez-vous pour le Festival de Colmar ?
M.R. Je jouerai le Concerto de Grieg ; c'est la première oeuvre que j'ai jouée avec orchestre lorsque j'avais 9 ans à Donetsk où je suis revenu il y a 6 ou 7 ans.
P.M. Voilà une raison supplémentaire pour se rendre a ce Festival !
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